C'est Couz qui me l'a dit une fois: je comprends pourquoi il y a la vie éternelle, c'est pour se dire merci pour tout... C'est à peine suffisant. Ça m'est resté. Mais je me demande parfois si l'éternité suffira! Une chose mérite la gratitude, c'est la bénédiction, c'est-à-dire cette parole qui passe par des mots ou par des gestes, ou par une simple présence, et qui me dit avec assurance: ta vie vaut la peine d'être vécue, je veux que tu sois, je veux qui tu es. Vouloir être qui je suis: voilà la réconciliation et le salut. Pour cela, toute gratitude finit par être gratitude au Sauveur. Mieux encore: toute gratitude est louange du Seigneur. S'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir, la joie parfaite est le don gratuit de la louange, de la gratitude.
Dimanche dernier, le sermon à la messe anglaise était merveilleux. P. Ralph Klein nous a rappelé que la Bonne Nouvelle du salut, celle de la fraternité universelle, est portée à un monde violent, dans lequel la fraternité est brisée, malmenée, mais dans lequel l'amour de Dieu a déjà triomphé. Le souvenir des saints innocents aujourd'hui doit nous rappeler le caractère tragique de Noël: le chant de la paix est chanté au milieu des gémissements de la fraternité poignardée. C'est un chant que Caïn et Abel doivent chanter ensemble.
Je garde pour demain le récit de mon séjour en Allemagne... Ce soir, je me contente de souhaiter le joyeux anniversaire à des personnes qui me sont chères. Le Ciel suffira-t-il pour nos voeux?
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